L'Australie durcit les règles de la Capital Gains Tax pour les non-résidents. Découvrez pourquoi le nouveau test de l'actif principal sur 365 jours redéfinit la fiscalité des expatriés français.

Avertissement : cet article est de nature éducative et ne constitue pas un conseil financier personnalisé. Consultez un conseiller agréé ASIC pour toute décision d'investissement.

Un nouveau paradigme fiscal pour les expatriés français

En ce 27 avril 2026, le paysage de l'investissement en Australie subit une mutation sismique. Alors que le gouvernement australien vient de dévoiler son projet de loi (Draft Legislation Treasury.gov.au), la vigilance est de mise pour la communauté française. La réforme proposée de la Capital Gains Tax (CGT) pour les non-résidents ne se contente pas d'ajuster des taux ; elle redéfinit fondamentalement la manière dont vos actifs sont qualifiés de 'Taxable Australian Property'.

Ce que couvre cet article

  • Le passage d'une évaluation ponctuelle à un test glissant sur 365 jours.
  • L'élargissement de la définition des actifs 'Land-Rich' aux infrastructures et énergies renouvelables.
  • L'obligation de notification à l'ATO pour les cessions supérieures à 50 millions de dollars.
  • La synergie complexe avec la hausse des prélèvements sociaux en France (18,6%).

L'évolution critique du Principal Asset Test

Jusqu'à présent, le 'Principal Asset Test' (PAT) était une photographie à un instant T. Pour déterminer si une entité était 'Land-Rich' (riche en foncier), on regardait si plus de 50 % de sa valeur de marché provenait de biens immobiliers australiens au moment précis de la vente. Cette approche permettait une certaine flexibilité stratégique.

La réforme de 2026 introduit un 'look-back period' de 365 jours. Désormais, si une société, un trust ou un ETF dépasse le seuil de 50 % de foncier à n'importe quel moment au cours de l'année précédant la cession, l'actif entier devient imposable pour le non-résident. Cette mesure vise à éradiquer le 'window dressing', cette pratique consistant à diluer temporairement la part immobilière d'un portefeuille juste avant une vente.

  • Surveillance continue : Les investisseurs doivent désormais auditer la composition de leurs actifs non pas au moment de la sortie, mais de manière trimestrielle.
  • Risque de volatilité : Une simple fluctuation du prix des terrains ou une dévaluation des actifs opérationnels d'une entreprise peut faire basculer vos parts dans la catégorie taxable.

Ancien Régime (Pré-2026)

Test basé sur la valeur à la date du contrat. Possibilité de réorganiser le capital avant la sortie pour rester sous les 50%.

Nouveau Régime (Draft 2026)

Test glissant sur 365 jours. Toute incursion au-delà de 50% de foncier durant l'année déclenche la taxation CGT.

Le piège Land-Rich : au-delà de l'immobilier classique

La définition de 'real property' s'élargit. Il ne s'agit plus seulement de bureaux ou de résidences. La réforme inclut désormais explicitement les baux emphytéotiques, les licences d'exploitation minière et les infrastructures fixées au sol de manière permanente (pipelines, parcs éoliens, réseaux de transmission).

Pour un expatrié français détenant des parts dans des structures privées australiennes ou des ETFs spécialisés (REITs, Infrastructure), le danger est réel. Si votre entreprise détient ses propres murs ou des actifs d'infrastructure lourde, elle pourrait être requalifiée sans que vous en ayez conscience.

Données clés de la réforme 2026

Période de test (Principal Asset Test)365 jours (indicatif)
Seuil de notification ATO (Foreign Residents)$50 Millions (indicatif)
Prélèvements sociaux France (Loi de Finances 2026)18,6 % (confirmé)
Seuil de qualification 'Land-Rich'> 50 % de la valeur

Source: Treasury.gov.au / ATO / French Finance Act 2026

Notification obligatoire : la fin de l'anonymat fiscal

Une autre mesure phare de ce projet de loi est l'introduction d'une obligation de notification préalable à l'Australian Taxation Office (ATO). Les non-résidents cédant des intérêts dans des entités dont la valeur dépasse 50 millions de dollars australiens devront informer l'administration fiscale avant la finalisation de la transaction.

Cette mesure, couplée au renforcement de la coopération internationale, signifie que l'ATO aura une vision cristalline des mouvements de capitaux vers l'étranger, et notamment vers l'Europe. Pour l'expatrié français, cela implique une préparation documentaire rigoureuse pour justifier les valorisations et l'origine des fonds.

Impact sur les stratégies de sortie vers la France

Le timing de votre départ d'Australie devient une variable fiscale complexe. Si vous prévoyez de redevenir résident fiscal français (ou non-résident australien) tout en conservant des intérêts dans une entreprise australienne 'Land-Rich', vous tombez sous le coup de cette période de 365 jours.

Il est crucial de noter qu'en France, le budget 2026 a porté les prélèvements sociaux (CSG/CRDS) à 18,6 % sur les revenus du patrimoine. Bien que les titulaires du formulaire S1 ou les personnes relevant d'un régime de sécurité sociale de l'UE/EEE puissent encore bénéficier du taux réduit de 7,5 %, la pression fiscale globale s'alourdit. Un audit de portefeuille avant tout mouvement transfrontalier n'est plus une option, c'est une nécessité de survie patrimoniale.

Audit de portefeuille : les étapes pratiques

Face à cette incertitude législative, nous recommandons une approche proactive en trois étapes :

  • Classification des actifs : Identifier tous les holdings détenant plus de 40 % (marge de sécurité) d'actifs immobiliers ou d'infrastructures.
  • Analyse historique : Reconstituer la valeur de marché relative des actifs sur les 12 derniers mois pour vérifier si le seuil de 50 % a été franchi.
  • Optimisation de la structure : Évaluer l'opportunité de restructurer vos avoirs avant que le projet de loi ne soit définitivement adopté et activé.

Alors que les plafonds de la Superannuation augmentent au 1er juillet 2026 (cap de contribution concessionnelle à 32 500 $), certains investisseurs pourraient envisager un rééquilibrage vers des structures de retraite plus protégées, bien que soumises à d'autres contraintes de liquidité.

Pour analyser votre situation personnelle à la lumière de ces évolutions, n'hésitez pas à me contacter pour une consultation.